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Mardi 10 Août : Hier après-midi j’ai travaillé jusqu’à 19 h 45, le ciel était encore rougeoyant mais la nuit était proche. Le soir il y a peu de monde à l’université, c’est très calme, au loin on entend l’appel à la prière, et je l’entends comme un chant mélodieux. J’étais harassé après une longue journée sous le soleil à polir la pierre ; le soir j’ai bu du vin du pays, eh oui, on en trouve, ce n’est pas vraiment du vin comme on l’entend en France, j’ai du mal à définir son goût, entre le « Resina » grec, un peu de vin jaune du Jura et le Boulahouane, le tout un peu madérisé, mais qui vous fait voguer sur un petit nuage, ce n’est pas désagréable… Aujourd’hui c’est plus sérieux, je vais travailler jusque vers 13H, un architecte dois venir me voir pour aménager l’espace autour de la sentinelle, puis après déjeuner, avec une partie de l’équipe on se rend à Qalqilya ville cernée par le « mur », afin qu’on se rende compte de la situation, car comme je vous l’indiquais, sur notre colline on est un peu coupé de tout ce qui se passe ici, les étudiants on l’air d’étudiants, les moutons à côté ont bien des longues oreilles, mais il paraît que c’est normal, il y a certes, au portail, un service de sécurité à qui l’on indique où l’on va, mais cette après-midi, c’est autre chose... Là je dois rassurer les parents de Béatrice et toute sa famille qui consulte mon site, et je m’adresse particulièrement à sa maman : On ne prendra aucun risque inconsidéré ! Mais pour en savoir plus, dès notre retour, je donne des nouvelles ici même. Pour revenir au côté artistique, les autochtones qui voient ma sculpture ne comprennent pas bien ce que ça représente… certains de mes copains ne seront pas étonnés : Christian, Alain et compagnie ne riez pas si fort !!! Heureusement Mervat et ses amis artistes me soutiennent ardemment, l’un d’entre eux va m’aider et terminera éventuellement si je n’ai pas fini, car j’ai vraiment peu de temps pour réaliser une telle œuvre. Pour l’instant je confectionne une sorte de « panier » en corde autour des dernières pierres à poser au sommet de la « Sentinelle » et qui permettra « d’embrocher » plus facilement les blocs avec le tractopelle. On essaiera de prendre des photos… Nota : il y a moins d’étudiants à l’université et la salle internet est souvent fermée… Mercredi 11 Août: Nous sommes rentrés hier vers 23 H de Qalqiliya et la salle internet était une nouvelle fois fermée… Qalqiliya !!! Une ville entourée du mur avec un passage pour une route palestinienne avec check point volant, nous avions 2 taxis, j’étais dans le premier qui est passé sans problème le deuxième a été arrêté 30 mn… Nous nous sommes retrouvés chez un médecin, non pour des pbs de santé, mais où une dame responsable d’une association militant pour l’application des décisions d’Oslo de détruire le mur, nous attendait. (Ma phrase est moins longue que son discours). Après ses explications, elle a guidé notre visite pour la découverte du mur et de ce que cela engendre comme récession économique, comme tracas et comme humiliation. A cause des 32 colonies israélienne, le mur pénètre sur des dizaines de kms à l’intérieur du territoire palestinien, je vous donne un exemple : un couloir large de 200 m est réservé à la circulation des colons, de chaque côté le mur avec une porte, mais celle-ci est ouverte 3 X par jour pendant une ½ H… IL faut donc faire une trentaine de kilomètres (avec check-points) pour arriver de l’autre côté. C’est sûr, il en va de la sécurité des colons, mais il se trouve que ce sont des colonies illégales installées pour contrôler l’eau car c’est là que se trouve la plus grande réserve d’eau de la Cisjordanie…
De nombreuses associations israéliennes dénoncent également cette situation injuste, mais pour le moment elles sont encore minoritaires. Au pied du mur de béton haut de 8 m, j’ai construit une « sentinelle de la paix » sous le regard des caméras de surveillance. Elle m’a paru bien dérisoire, et sa fragilité porte le mince espoir d’une amélioration, mais des pierres sont posées qui ne ressemblent pas à un mur de prison. J’ai dressé une deuxième sentinelle devant le mur de barbelés et de fils électrique, des soldats étaient de l’autre côté… d’autres sentinelles… Sur la route du retour, malgré les détours interminables sur des pistes et routes défoncées (on a chaque fois mis deux heures au lieu des trente minutes nécessaires sur les routes « normales » mais interdites aux Palestiniens, un autre check-point volant a voulu nous détourner sur un chemin de terre à l’opposé de notre destination, Martine est intervenue en anglais, ses explications et le fait que nous soyons européens ont arrangé la situation. Et voilà, Madame la Maman de Béatrice, nous sommes bien rentrés !
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